Terres

TERRES
TERRES MOUILLÉES
TERRE-TAMBOUR
AU BOURG DE PIERRES

Terres à terres
Terre sienne
Tendre humide
Tiennes miennes
Terres dressées et renversées
Aux creux fauves
Des gemmes secrets

Faune murmure
En eaux terreuses
Souche ruisselle
De rires terrés
Brusque et lent l’humus s'ambrait
Vers une terre de feu à épandre

Et sur ces territoires découverts
La mesure du plaisir perlait
À la source de nos lèvres ourlées

Mains


Vos deux mains
sous les plis du rebord
qui m'intriguent, m'indisposent, m'interpellent,
de maintes et maintes fois,
et manières,
et encore.

Muscade au secret

Étaler encore, un peu, sur des tartines grillées, de ces matins tardifs,
avec aux creux des langues, la muscade au secret, du café quintéssent et des bouchées de lèvres.

Il m'en reste quelques grains;
quoi qu'en dira la suite,
de nos passages à deux,
je fais le plein d'exquis,
et me réjouis du goût.

J'ai au centre de la tête, un jeune mal fraternel, des poèmes en buée, et de tous petits bleus qui s'ouvrent comme de grands yeux,
avides.

Et du fond des pupilles
un élan de tendresse
pour la ville
et pour certains
de ses frêles habitants

Il me semble cher être, que vous avez, au tréfonds, et malgré votre deuil,
un don pour la beauté des choses.
Ou bien est-ce un élan ?

Aux détours du sérieux,
aux interstices du laid,
dans un recoin de veille, que vous gardez précieux,
inventez et placez,
des bribes de merveilleux
des caresses qui musardent
des écoutes attentives
et du chaud en flacon

Goulue,
moi,
je savoure,
ces grandes lampées de vie
et les épices du jour.

Et cette joie d'être libre me fait aimer la mienne.
Et la notre.

Que les autres enchaînent.

Samota

Ce qui s'écrit ici
est le fruit d'une âme saoule
qui a vu le soleil
ordonner des sourires
et fissurer la crampe
d'une mâchoire fatiguée
et suinter du souvenir
qui goutte sale et salé.

Un méandre retient
à deux rides le reflet
d'une ancienne place forte
bardée de complicité.

Il goutte la mémoire,
de l'esprit et du corps
avec qui j'ai pu faire
autant, si, tellement,
un.

Exact.
Je croyais.
Et maintenant,
j'avale.

Et je fouille dans la bourbe, la poussière, les gravas.
dans les étoiles aussi parfois.
et des montagnes d'à peu près et de pourquoi pas.

J'ai découvert des corps,
des cerveaux et des mains.
Des regards d'amis, et d'autres de profondeurs.
Des bribes, des fragments, des rochers isolés tournés de filaments.
De la poésie, du fort, du souffle à plein poumons,
Du rêve, des cris de rage, un petit peu de joie,
des coudes dans les côtes,
des bleus sur les tibias.
Des transes, en trash, en tignasse, en particules et spiritueux.
Une respiration parfois.
Une danse sur des contretemps.

Mais plus rien n'est exact.

L'absurde m'a tellement insufflé
l'envie de disparaître,
qu'aujourd'hui,
je félicite
les sourires qui s'accrochent à mes dents.
et je goûte à pleine bouche les soleils des parcelles.

Mais j'ai beau les aimer
je les vois toutes bordées
de gouffres de silence
aux non-sens hérissés
de risques de confiance.

Parfois c'est beau.

J'ai repris l'escalade
et j'apprivoise le vide,
et mon corps m'écoute,
les surplombs me retiennent,
bizarrement,
et enfin.

Mais tout autour encore
tourbillonnent au vertige,
des démunitions,
des trop pleins qui fissurent
des néants qui implosent,
et de l'absurde,
tellement.

.. . .. . .....::::|/|::::...... .. . ..

Tu attendais l'entre-ouvre
Mais la poignée,
et le socle
et tout le chambranle.

Il n'y a plus de porte,
juste les restes d'un mur.
tout effondré, toute une largeur,
qui a su fait frontière,
un abri peut-être,
jusqu'au silence du minimum vivable.

Quoiqu'il arrive,
quoiqu'on se dise,
nous voilà sur d'autres rives,
loin.

J'avais vécu pourtant
la plus profonde rencontres
au plus clair de mon sang.
aimé de tout mon être
l'alter ego

Douche

J'ai du juste mal voir,
mal sentir,
inventer
le goût de la proximité.

Maintenant comme si
'l fallait excuser,
un bris de permission

Regarder encore
l'étendue vide du vieil absurde,

- Qui s'appellerait fatalité.

Qu'est ce que peut bien rassurer ?

- On ferait mieux et au fond,
de s'y fier,
s'y confier,
s'y confiner.

Peut-être est-ce autre chose,
dont tu es fier
et moi ignare
ou rechignant à accepter.

L'entre-ouvre à
laisser filer ces bribes..
Je ne sais pas bien sur quoi
elles vont aller s'accrocher,
ricocher
s'écraser.

C'est un taton,
ou un tison,
qui trifouille encore, un tréfonds
Pour retrouver ce qui peut l'être,
saluer au possible le sens de

Et peut-être comprendre,
Et peut-être suturer.

Tu t'en foutras
ou t'en fuiras,
t'en déferras.

alors tant pis.
alors je trinque :
au rien
au plus rien,
au plus tard,
au plus enfouis,
au calme des sereins
au départ des grands cygnes,
au
a

Delhi avant l'aube

Brouillards noyés
zombies drapés
à vélo, à pied, perdus, échoués
endormis, attelés à une tâche incroyable,
labeur d'un autre monde
qu'on ose espérer Brouillards noyés
zombies drapés
à vélo, à pied, perdus, échoués
endormis, attelés à une tâche incroyable,
labeur d'un autre monde
qu'on ose espérer exceptionnelle.

Sombres brumes engloutissant
des transhumances transies de silhouettes exténuées,
cortèges de fin de fête
caravane cliquetantes d'hommes-orchestres ruinés

Un éléphant, vieux pachyderme
cadence sa masse apprivoisée.

Delhi sous surveillance


La pourriture surveille le frigo
la poussière poursuit son invasion
des colonies de fourmis campées
dans les fissures des murs
les blattes grasses et luisantes
font dans l'obscurité
une ronde attentive :

Calculs patients
et secrets rassemblements
dans l'attente du laisser-aller.